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Écoute de la maquette de l’Acte II
Utilisez le lecteur ci-dessous pour écouter dans leur intégralité (en mode streaming), quatre scènes parmi les huit de ce deuxième acte. Vous pouvez consulter le livret de l'Acte II (format PDF) en cliquant ici.
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Format MP3 - 44kHz - 128kbps
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Commentaires sur la composition des scènes
Acte II – Scène 1 : Le sac de Béziers est suivi par le ralliement spectaculaire d’une centaine de châteaux à l’ost des croisés. Cependant, Raymond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne est bien décidé à utiliser les atouts des fortifications de Carcassonne pour contenir l’avancée rapide de l’agresseur. Dès le 1er Août 1209, les croisés arrivent à Carcassonne. Le vicomte s’applique à galvaniser les carcassonnais qui disposent d’une véritable forteresse et des meilleures troupes de la vicomté. L’espoir que fait naître Trencavel n’est pas insensé et la musique traduit cet optimisme.
Acte II – Scène 2 : Carcassonne n’est toutefois pas totalement fortifiée, notamment les bourgs qui la flanquent. Ainsi le Bourg du Nord et le Castellar du Sud sont difficiles à défendre. Le 3 Août, les croisés se lancent à l’assaut du Bourg du Nord en scandant des Veni Sancte Spiritus repris ici par le chœur des croisés. Et malgré les efforts du vicomte et de ses troupes, le bourg cède, obligeant la population à se retirer définitivement dans la cite fortifiée. Ce renversement apparaît à la mesure 38 de la composition. Le Mi bémol majeur est modulé en Mi bémol mineur et la métrique passe de 4/4 à 3/4 pour finir par un cri final des chœurs carcassonnais. L’effet immédiat et tactique de l’attaque des bourgs fut de déplacer la population civile vers la cité et d’en rendre les conditions de vie et de ravitaillement en eau particulièrement difficiles sous le soleil aoutien.
Acte II – Scène 3 : Prolongeant ce basculement de perspective, la musique devient dramatique. Elle dépeint, sous la voix d’Adalaïs qui chante le consolamentum, le sombre tableau des victimes et des blessés mutilés que l’on a pu emmener vers la cité. Véritable pièce sacrée qui nous projette dans l’univers de du recueillement. Un messager apportant de bonnes nouvelles vient interrompre cette vision et renouvelle un enthousiasme qui n’est plus exprimé en mode majeur, comme auparavant, mais bien en mode mineur, ajoutant désormais une notion de fatalisme. Le Castellar du Sud repoussa l’assaut mais pour quelques jours seulement. Les sapeurs le fragilisèrent rapidement et il fut pris le 8 Août, puis repris dans la nuit même par les troupes du vicomte.
Acte II – Scène 4 : Confronté au manque d’eau et à des conditions sanitaires déplorables, Trencavel demande à Pierre II (roi d’Aragon) d’intercéder en sa faveur auprès de l’abbé de Cîteaux (légat du pape). Celui-ci propose à Trencavel de quitter la cité avec douze chevaliers. Proposition annoncée dans la scène par un messager croisé et immédiatement déclinée par Trencavel dont la colère est ici traitée sur une métrique de 3/8.
Acte II – Scène 5 : Plus tard, le vicomte accepte de rencontrer le comte de Nevers dans le camp des croisés avec cent de ses chevaliers. Victime d’une manipulation, il sera emprisonné, sans avoir pu signer le moindre accord. Laissant la cité aux mains du légat du pape. La population pu quitter la ville mais dans le plus grand dénuement et au prix de l’abandon de toute ses richesses.
Acte II – Scène 6 : La cité capitulant, le chevalier de Saint Alban se précipite à l’intérieur en quête de la parfaite(1) Adalaïs et, après l’avoir trouvée, doit subir ses reproches éclairées. Ce long duo en La mineur puis Ré mineur, s’achève par les déclarations amoureuses du chevalier qui cherche à la protéger.
Acte II – Scène 7 : On y retrouve un abbé de Cîteaux triomphant, adoptant les traits musicaux qui ont été définis dans le premier acte. Une modulation en majeur vient appuyer ce triomphalisme. La jouissance de la vicomté fut d’abord proposée par le légat aux grands barons de la croisade (Le duc de Bourgogne, le comte de Nevers, le comte Saint-Pol), mais tous refusèrent par crainte du déshonneur et par calcul. Il eut été impossible de maintenir un droit si mal acquis sans y maintenir des garnisons et des moyens qu’ils préféraient s’épargner. C’est ainsi qu’une commission composée de deux évêques et quatre chevaliers offrit ce territoire à un Simon de Montfort hésitant mais plus facile à convaincre. Ce dernier accepta à la condition que les chefs de la croisade jurent de le soutenir.
Acte II – Scène 8 : Cette brève scène marque la dernière rencontre entre Adalaïs et le chevalier croisé. Sur une musique légère et romantique, de métrique 3/4 et aux termes de cinq modulations tonales (la dernière basculant vers le mode mineur), ils finissent par se séparer.
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